Voici notre article sur le célèbre système de Londres aux échecs. Si vous débutez aux échecs et que vous souhaitez un système d’ouverture qui vous permette d’aborder une partie d’échecs en confiance, vous êtes au bon endroit !

Découvrez :

  • Qu’est-ce qu’un système aux échecs ?
  • Les grands principes du système de Londres.
  • Le piège classique.
  • Les différentes options pour les noirs.
  • Le grand joueur à suivre du système de Londres.

Qu’est-ce qu’un système aux échecs ?

Un système aux échecs est une façon de se développer qui peut être employée contre la plupart des développements de l’adversaire. Les deux systèmes les plus célèbres sont le système de Londres et le système Colle. Nous vous présentons dans cet article le premier de ces deux systèmes.

Pourquoi jouer un système aux échecs ?

Un système vous permettra de vous sentir en sécurité et en confiance dans l’ouverture. En effet, les coups sont souvent automatiques et le type de position obtenu sera très similaire quels que soient les coups de votre adversaire. Vous amenez en quelque sorte votre adversaire dans votre jardin et vous avez en théorie un avantage à bien connaître les subtilités du système.

Quels sont les inconvénients à jouer un système ?

On reproche souvent à un système d’enfermer dans un style de jeu et de brider la progression d’un joueur d’échecs. Cependant les positions rencontrées lorsqu’on pratique le système de Londres sont suffisamment vastes et variés pour progresser correctement aux échecs.

Les grands principes du système de Londres

Le développement des pièces blanches

Les trois premiers coups des blancs qui mènent au système de Londres sont généralement 1. d4, 2. Cf3, 3. Ff4. Le but étant d’obtenir très vite le développement suivant :

Vous voyez donc un centre de pion très costaud (le triangle c3-d4-e3) et surtout, ce qui est caractéristique de cette ouverture, la sortie du Fou de cases noires des blancs devant la chaîne de pions en f4. Les autres pièces mineures sont sorties sur les cases laissées disponibles par le triangle de pions.

Les plans du système de Londres

Le plan principal des blancs est d’utiliser la case e5 qui est particulièrement bien contrôlée pour y placer un Cavalier. Placé en e5, le Cavalier blanc aura pour fonction principale de bloquer le centre. Les blancs partiront ensuite à l’attaque du petit roque des noirs en transférant leur Dame faire l’aile-roi, par exemple en passant par les cases f3 et h3, ou en lançant leurs pions g et h à l’assaut.

Un autre plan possible, appelé le plan central, est de jouer pour la poussée du pion e4.

Nous avons volontairement laissé le Roi blanc au centre de l’échiquier. Si le grand roque reste rare, les attaques sauvages à l’aile Roi en poussant les pions g4 et h4 font partie des stratégies possibles pour les blancs. Le but sera alors clairement de mater le Roi adverse et notre Roi ne sera pas forcément très en sécurité s’il fait le petit roque.

Notez que pour arriver à la position de base du système, différents ordres de coups sont possibles avec quelques subtilités à maîtriser !

Le piège du système de Londres

Voici le grand piège du système de Londres qui arrive après les coups suivants : 1. d4 Cf6 2. Cf3 c5 3. Ff4 cxd4 4. Cxd4

Les blancs ont joué des coups naturels et semblent hors de danger. Les noirs n’ont sorti qu’une pièce et sont pourtant capables de réaliser une combinaison de toute beauté.

4… e5 !!

Fourchette ! Les blancs doivent accepter le cadeau.

5. Fxe5 Da5+

Et une attaque double pour terminer ! Les blancs doivent parer l’échec et ne peuvent pas défendre leur Fou e5. La Dame noire va donc capturer le Fou au prochain coup, les noirs gagnent une pièce. Une jolie tactique non ?

Les différentes variantes du système de Londres

Jusqu’à présent, nous nous sommes beaucoup intéressés au plan de développement des blancs. Voici maintenant comment les noirs peuvent développer leurs pièces pour tenter de contrer le système de Londres.

Le système de Londres contre l’est-indienne

Le plus remarquable dans ce développement côté noir est la présence du pion noir sur la case d6. Les blancs ne peuvent pas utiliser la case noire e5 pour y placer leur Cavalier. En contre-partie, les noirs ont moins d’espace (leurs pions n’ont pas dépassé la 6ème rangée) et ont dû placer leur Fou de cases noirs en fianchetto pour lui donner de l’air.

Notez le très fort coup des blancs h3 qui permet au Fou f4 de se replier en h2 s’il se fait attaquer.

Le système de Londres contre la Nimzo-indienne

Cette fois les noirs visent un bon contrôle des cases d5 et e4 en utilisant leurs pièces. Le Fou de cases blanches s’est développé en fianchetto en b7 et travaille avec le Cavalier noir f6 pour cela. Ce Fou rayonne sur tout l’échiquier le long de la grande diagonale.

Le système de Londres contre le gambit dame

Et voilà le plus célèbre développement noir inspiré du gambit dame. Cette fois-ci, les noirs luttent pour le centre en y plaçant les pions d5 et c5. Pas mal de subtilités sont à maitriser pour comprendre cette variante. Par exemple, il faut être prêt avec les blancs à répondre correctement à un coup comme Dame b6 côté noir. Ce coup peut-être joué très tôt dans la partie, même avant le coup de pion e6.

Enfin, les noirs peuvent tout à fait envisager un développement du Fou de cases blanches en f5 avant de refermer le centre par e6. Chaque façon de se développer côté noir a des avantages et des inconvénients !

Le système de Londres contre la slave

Cette fois, les noirs bloquent le centre blanc en jouant c6 et d5. L’idée est de laisser la diagonale c8-h3 libre ce qui permettra à leur Fou de cases noires de se développer plus facilement que dans les autres lignes. Notez que côté blanc, on peut changer de plan très vite ici et jouer un plus classique c4 pour profiter d’une certaine passivité du développement noir.

Le joueur du système de Londres

Gata Kamsky a développé la théorie du système de Londres

Si le système de Londres est l’ouverture préféré des amateurs du jeu d’échecs, de nombreux grands maîtres ont adopté cette ouverture. S’il ne faut retenir qu’un nom, qu’un seul joueur du système de Londres à suivre, c’est assurément le grand-maître Gata Kamsky. L’ex vice champion du monde, après avoir perdu la finale du championnat du monde FIDE face à Anatoly Karpov, a en effet développé la théorie du système de Londres comme personne avant lui. Voici une de ses plus célèbres parties sur cette ouverture.

Cliquez sur la notation de la partie pour obtenir un diagramme. Pour la petite histoire, Gata Kamsky vit à Strasbourg depuis quelques années et il n’est donc pas rare de le rencontrer dans des tournois d’échecs en France !

Magnus Carlsen et le système de Londres

Pour terminer, même le champion du monde en titre Magnus Carlsen s’est mis au système de Londres. Voici une de ses parties d’échecs sur ce début de partie.

Cette partie est plus compliquée. Magnus Carlsen rencontre ici un des meilleurs joueurs d’échecs de la planète et on voit que les deux adversaires se rendent coup pour coup. Cependant, la finale est très jolie. Magnus Carlsen, qui est un des meilleurs joueurs de finales de l’histoire, montre ainsi toute l’étendu de son talent !

Et maintenant, à vous de choisir !

Pour continuer votre lecture, nous vous proposons de :

  • Découvrir un autre développement côté blanc présenté par un champion de France d’échecs : l’ouverture italienne.

Voilà pour notre article le système de Londres. Nous espérons qu’il vous a été utile. Si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux !