La défense est-indienne est une redoutable ouverture pour les joueurs qui aiment l’activité et le dynamisme.

Découvrez :

  • Qu’est-ce que la défense est-indienne ?
  • Les principes stratégiques de la défense est-indienne
  • Les grandes variantes de l’est-indienne
  • L’attaque est-indienne

Qu’est-ce que la défense est-indienne ?

La défense est-indienne est caractérisée par les coups suivants.

1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 Fg7 4. e4 d6

Les noirs ont volontairement laissé les blancs former un grand centre de pions. Pendant ce temps, ils ont développé leur aile Roi en plaçant leur Fou en fianchetto sur la case g7 et surtout ils sont déjà prêts à roquer. Les noirs vont après le petit roque contre-attaquer au centre en jouant c5 et e5.

Cette façon de jouer l’ouverture est devenue très à la mode après la seconde guerre mondiale. Bobby Fischer en a ensuite fait une de ses armes favorites. Mais c’est sous les mains du champion du monde Garry Kasparov que l’est-indienne est devenue très difficile à contrer pour les blancs. De nos jours, le grand maître Teimur Radjabov est le joueur d’est-indienne le plus connu.

Les principes stratégiques de la défense est-indienne

Voici deux des grands thèmes de l’est-indienne aux échecs.

La poussée f5 dans l’est-indienne

Après la poussée e5 des noirs, les blancs peuvent choisir entre prendre en e5, laisser la tension entre les pions d4 et e5 ou pousser eux-même en d5. Voici le genre de positions obtenues après la poussée en d5.

Les noirs peuvent s’appuyer sur le pion e5 pour créer une marée de pions à l’ale Roi. Pour cela, il faudra bouger le Cavalier f6 soit en h5 soit en e8, puis pousser le pion f en f5. Les noirs peuvent même continuer en poussant f4, puis en envoyant les pions g et h à la’attaque. C’est la célèbre attaque à la baïonnette.

De leur côté, les blancs ont un bon avantage à l’aile Dame. Ils peuvent en profiter en poussant leurs pions b et c dans le but de créer une faiblesse dans la structure de pions des noirs.

Le Fou en fianchetto est-indien

Reprenons la même position.

Un deuxième élément est très important à prendre en compte. C’est le Fou placé en fianchetto par les noirs. Pour l’instant, il est bloqué. Mais si les noirs parviennent à ouvrir sa diagonale, il peut devenir extrêmement fort.

Pour le débloquer, les noirs ont deux grands techniques à leur disposition. Ces deux grandes techniques servent à faire bouger le pion e5. La première est de faire sauter le pion e4 des blancs après avoir joué f5. On pourra alors pousser le pion e5 en e4 et ouvrir le Fou.

La deuxième technique est d’amener le Cavalier f6 en f4. Le Cavalier très bien placé sera sûrement difficile à supporter pour les blancs. Ceux-ci seront donc tentés de l’échanger contre le Fou c1. Après la prise en f4 du pion e5, la diagonale du Fou g7 sera ouverte !

Les grandes variantes de la défense est-indienne

Voici les grandes variantes de l’est-indienne.

La variante classique de la défense est-indienne

La variante classique arrive après : 1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 Fg7 4. e4 d6 5. Cf3 0-0 6. Fe2 e5

Cette position est très compliquée. Les deux joueurs ne savent pas quand la tension au centre va se résoudre. Les blancs vont-ils prendre en e5 ou pousser en d5 ? Les noirs vont-ils prendre en d4 ? Notez que le pion e5 n’est pas prenable maintenant.

7. dxe5 dxe5 8. Cxe5 Dxd1 9. Fxd1 Cxe4

Et les noirs récupèrent leur pion avec une très bonne position. Ils ont notamment réussi à libérer leur Fou en fianchetto.

Revenons à la position de base de l’est-indienne classique.

À partir de cette position, on peut obtenir les variantes suivantes.

La variante d’échange

Cette variante arrive après les coups 7. dxe5 dxe5 8. Dxd8 Txd8

La pratique a montré que les noirs n’ont pas de gros problèmes et parviennent souvent à exploiter la case faible d4.

L’attaque à la baïonnette de la défense est-indienne ou Mar del Plata

La partie continue par 7. 0-0 Cc6 8. d5 Ce7

Le coup de Cavalier en c6 a permis aux noirs d’obliger les blancs à prendre une décision au centre. Après la poussée d5, le centre se ferme. Les noirs vont donc pouvoir tenter une attaque directe sur le petit roque blanc en lançant les pions f, g et h. Cependant les blancs aussi ont des atouts. La poussée b4 suivi de c5 est très forte et peut poser des problèmes aux noirs rapidement. Les noirs ont même souvent évité la Mar del Plata avant que Teimur Radjabov ne la remette au goût du jour.

Le système Gligoric

Attention variante dangereuse pour les noirs ! Le système Gligoric est caractérisé par le coup 7. Fe3

Les blancs veulent jouer ensuite d5 et Cd2 obtenant un placement des pièces optimal. Le coup Cg4 pour embêter le Fou blanc e3 n’a pas fait ses preuves. Les noirs se tournent donc en ce moment vers un échange en d4 suivi d’un rapide c6 et d5 pour obtenir du contre-jeu. Avec succès d’ailleurs.

Le système Petrossian

Les blancs ferment tout de suite le centre par 7. d5

Ils veulent jouer Fg5 et Cd2 avec un placement intéressant de leurs pièces. Ils continueront ensuite en développant leur jeu à l’aile Dame par b4 et c5 tout en gardant un œil sur le jeu nori de l’aile Roi en jouant f3. Les noirs de leur côté jouent souvent 7… a5 afin de ralentir la poussée blanche de l’aile Dame et d’installer un Cavalier en c5.

Place maintenant à trois variantes qui ne débutent pas par la variante classique.

La variante Saemisch de la défense est-indienne

Là aussi, variante dangereuse. Les blancs jouent f3 au cinquième coup.

L’idée des blancs est de poursuivre par Fe3, Dd2 et éventuellement un grand roque suivi d’une attaque sur le roque des noirs. Les noirs eux ont le choix entre différentes structures. Ils peuvent même retourner dans une Benoni en jouant c5.

Les quatre pions

Cette fois f4 est le coup joué par les blancs au cinquième coup.

Le centre blanc peut paraître impressionnant mais les noirs ne sont pas sans ressources. Ils peuvent ainsi par exemple rentrer de nouveau dans une Benoni après c5 avec un jeu tout à fait correct.

Le fianchetto

Le Fianchetto est une variante très populaire côté blanc. Il s’obtient après 4. Cf3 d6 5. Fg2 0-0

Les blancs ont donc volontairement laissé la diagonale h1-a8 ouverte afin que leur Fou des cases blanches ait le plus d’impact possible sur la position. Les noirs ont désormais de nombreuses façons de jouer. Mais aucune ne mène vers une égalité très claire.

Les est-indiennes célèbres

Voici quelques parties qui sont restées dans l’histoire du jeu d’échecs. On commence par le grand Bobby Fischer.

Le vingt-quatrième coup de Bobby Fischer Cavalier en h8 est légendaire. Cette magnifique manœuvre lui a donc permis de conclure brillamment son attaque.

Kasparov joue la défense est-indienne

Place à une attaque féroce de Garry Kasparov.

Et pour terminer une partie de Teimur Radjabov pour vous montrer à quel point les est-indiennes modernes sont dynamiques.

L’attaque est-indienne

Rien n’empêche les blancs de jouer l’est-indienne. Cette fois, cela s’appellera une attaque. Voici la structure que les blancs souhaitent obtenir.

Bobby Fischer a notamment montré la force de cette façon de jouer avec les blancs. Il l’a employé avec succès contre la défense française. Voici une de ses plus célèbres parties.

Dans la position finale, c’est mat après 31… RxDh7 32. hxg6+ Rxg6 (ou 32… Rg8 33. Th8 mat) 33. Fe4 échec et mat. Un des plus beaux mats de l’histoire du jeu d’échecs.

Et maintenant, à vous de jouer !

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Voilà pour notre article sur la défense est-indienne. Nous espérons qu’il vous a été utile. Si c’est le cas, n’hésitez donc pas à le partager sur vos réseaux !