Le jeu d’échecs comme vecteur d’intégration ? Ce jeu aurait le pouvoir d’effacer les différences ? Oui, c’est bien notre propos, et si vous n’avez jamais joué aux échecs, il peut effectivement être difficile pour vous d’imaginer qu’un enfant de 6 ans peut battre à plate couture un adulte ayant fait des études d’ingénieur. Et pourtant, des exemples comme celui-là, les tournois d’échecs en sont remplis!

De quelles différences parle-t-on ?

Un enfant bat un adulte, ok différence d’âge. Un petit qui court lentement bat un grand costaud qui court vite, ok différence d’aptitude physique. Un dernier de la classe qui bat un chouchou de la maitresse (Clotaire qui envoie au tapis Agnan dans « Le petit Nicolas »), ok différence d’aptitudes scolaires. Un non-voyant qui bat un voyant, ok handicap visuel. Un unijambiste qui bat monsieur tout le monde, handicap physique. Des exemples comme ceux-ci (même le non voyant), le monde du jeu d’échecs peut vous en servir des centaines de milliers. Ainsi, les échecs permettent d’effacer les différences et pas les moindres.

Lorsque vous vous retrouvez devant votre adversaire, avant le premier coup, que vous ne le connaissez pas, pas la peine de regarder comment il est habillé, ou l’épaisseur de ses lunettes, ou comment il se déplace ! Ce n’est pas là que cela va se jouer. Cela se joue dans ses capacités échiquéennes et nulle part ailleurs. Celles-ci ne sont visibles qu’en regardant son classement, ou ses parties précédemment jouées,  pas en le dévisageant !

Témoignages

13 ans et une confiance en soi incroyable

En 2004, en Hollande, un petit garçon de 13 ans fit sensation. Il jouait un des plus forts tournois de la planète et gagnait contre tous ses adversaires logiquement plus forts, plus expérimentés que lui. Ce petit garçon s’asseyait à genoux sur sa chaise pour pouvoir déplacer les pièces qui se trouvaient de l’autre coté de l’échiquier. Il regardait ses adversaires dans les yeux, avec un petit sourire narquois. Sans chercher à être irrespectueux, il montrait à ses opposants qu’ils ne comprenaient pas aussi bien que lui ce qu’il se passait. Ses ainés ne comprenaient pas non plus pourquoi ce petit garçon remportait victoire après victoire$^=)ç. Et cela avec un style déconcertant, une attitude enfantine (normal à 13 ans), et donc une confiance en lui débordante et visible… En fait, ils jouaient tout simplement contre l’actuel champion du monde d’échecs : Magnus Carlsen !

Effacer les différences : les joueurs d’échecs aveugles

Il existe la possibilité pour un voyant de jouer « à l’aveugle » (voir ce post dédié). Mais ici nous parlons bien de personnes non voyantes qui participent à des tournois au milieu des voyants. C’est magnifique à voir justement ! En effet, la personne mal voyante a un échiquier spécial où les pièces ont une sorte de code braille. Cela lui permet d’annoncer les coordonnées des cases où déplacer ces pièces. Le handicap visuel n’existe plus. En effet, la partie se déroule totalement normalement. Et c’est donc la beauté du jeu qui prend le dessus pour déterminer le gagnant. Quel autre « sport »/ »activité » permet aux non-voyants, de jouer à armes égales avec les voyants ?

Aveugle-aux-echecs

Enfin, cet article fait partie de la thématique autour des bénéfices du jeu d’échecs en ce qui concerne la confiance en soi.