Le pat aux échecs est une situation où un joueur n’a aucun coup légal à jouer alors que son roi n’est pas en échec. La partie est immédiatement déclarée nulle.

C’est certainement une des règles du jeu d’échecs les plus amusantes. Découvrez :

  • La Définition.
  • Un exemple et un quiz pour vous tester.
  • Les conséquences stratégiques de cette règle sur la stratégie du jeu d’échecs.

Vous découvrirez également des concepts comme de la Tour folle ou l’auto-pat ainsi que des questions fréquentes sur le sujet.

La règle du pat aux échecs

Aux échecs, il faut déjà avoir conscience qu’une partie peut se terminer par un match nul. Le plus souvent, un match nul est obtenu par consentement mutuel : un des deux joueurs propose juste après avoir joué un coup le match nul et son adversaire peut accepter ou refuser avant de jouer son prochain coup.

La règle du pat mène elle aussi au match nul. Elle s’exprime ainsi :

« Si un joueur n’a plus de coups légaux disponibles et qu’il n’est pas en échec et mat, c’est pat. »

Et selon les Lois du jeu de la FIDE, le pat met immédiatement fin à la partie et celle-ci est déclarée nulle. Il n’y a pas de vainqueurs… Et ce même si un des deux joueurs a un énorme avantage matériel.

Un exemple et notre quiz sur le pat aux échecs

Regardez bien les deux positions suivantes dans lesquelles c’est aux noirs de jouer :

Dans ce premier diagramme, les noirs n’ont pas de coups légaux. Le pion noir est bloqué. Le Roi noir aussi car il n’a pas le droit de se mettre en échec et les pièces blanches l’empêchent donc de bouger. De plus le Roi noir n’est pas attaqué (il n’est pas en échec). C’est donc pat ! Et malgré le grand avantage matériel des blancs, c’est match nul !

Vous me direz, le Roi noir est capturé, s’il bouge il est pris ! Eh bien non… Aux échecs, pour gagner, il faut non seulement que le Roi noir ne puisse plus bouger mais en plus qu’il soit attaqué. C’est la grande différence entre le pat et le mat.

Dans cette deuxième position, le Roi noir est coincé, il ne peut pas bouger sans se mettre en échec. Par contre les noirs peuvent bouger leur pion, la partie continue, ce n’est pas pat.

Avec ces deux exemples, la règle du pat devrait commencer à s’éclairer dans votre esprit. Avant de regarder l’impact de cette règle sur la stratégie des fins de parties aux échecs, vérifions que la règle est bien comprise avec notre test spécial sur la règle du pat !

Comparaison : pat vs échec et mat

Le pat et l’échec et mat sont deux situations qui mettent fin à une partie d’échecs, mais leurs conséquences sont très différentes. Il est important de savoir les distinguer pour éviter les erreurs, notamment dans les finales.

Pat Échec et mat
Le roi n’est pas en échec. Le roi est en échec.
Le joueur n’a aucun coup légal à jouer. Le joueur ne peut plus échapper à l’échec.
La partie se termine par un match nul. La partie est gagnée par le joueur qui a donné le mat.
Aucun joueur ne remporte la partie. Un joueur est déclaré vainqueur.
Peut être utilisé comme une ressource défensive pour sauver une partie perdue. Représente l’objectif final d’une partie d’échecs.

En résumé, la différence essentielle est simple : lors d’un pat, le roi n’est pas attaqué, tandis que lors d’un échec et mat, le roi est en échec et il est impossible de le sauver. C’est cette distinction qui détermine si la partie se termine par un match nul ou par une victoire.

Attention au pat lorsque vous terminez vos parties !

Regardez bien la position suivante d’apparence très simple.

Le trait est aux blancs, vous devez mater en deux coups.

Pour rappel, un pion qui arrive au bout de l’échiquier peut se transformer dans la pièce de son choix hormis le Roi et un pion.

Les blancs jouent et font mat en deux coups :

Prenez votre temps et tentez de comprendre comment les blancs vont mater en deux coups.

Pour les débutants, cela signifie que vous allez jouer un coup pour les blancs, les noirs vont vous répondre et ensuite vous faites échec et mat.

La solution :

Le piège est de jouer 1. c8 : Dame (si vous ne saviez pas qu’on peut transformer un pion en une autre pièce, voici un article pour vous : la promotion aux échecs).

Les noirs n’ont alors pas de coup de Roi disponible et ne sont pas échec et mat.

C’est pat, match nul malgré le fait d’avoir une Dame !

Il faut donc jouer 1. c8 : Tour et si 2. Ra6 Ta8 mat. Astucieux non ?

Les 5 erreurs les plus courantes sur le pat

Le pat est une règle simple à comprendre, mais de nombreux joueurs, notamment les débutants, commettent régulièrement les mêmes erreurs. Voici les cinq pièges les plus fréquents à éviter.

  • Croire que le pat est une victoire. C’est sans doute l’erreur la plus répandue. Contrairement à l’échec et mat, le pat ne donne la victoire à aucun joueur : la partie est immédiatement déclarée nulle.
  • Confondre le pat avec l’échec et mat. Pour qu’il y ait pat, le roi ne doit pas être en échec. Si le roi est attaqué et qu’il ne peut ni se déplacer, ni être protégé, il s’agit d’un échec et mat, et la partie est gagnée.
  • Oublier que toutes les pièces comptent. Un joueur est pat seulement s’il ne possède aucun coup légal, que ce soit avec son roi ou avec une autre pièce. Il suffit qu’un pion, une tour, un cavalier, un fou ou une dame puisse jouer pour que la partie continue.
  • Faire pat dans une position gagnante. Beaucoup de joueurs, pressés de conclure la partie, enferment involontairement le roi adverse sans lui laisser de coup légal. Résultat : une victoire presque certaine se transforme en match nul. Avant de jouer votre coup, vérifiez toujours que votre adversaire dispose encore d’au moins un mouvement possible.
  • Penser que le pat est rare. En réalité, le pat survient régulièrement, surtout dans les finales. Les positions avec peu de pièces sont propices à cette situation, ce qui explique pourquoi les joueurs expérimentés apprennent à reconnaître les schémas de pat, aussi bien pour éviter de le provoquer que pour l’utiliser comme ressource défensive.

Pourquoi cette règle existe ?

À première vue, le pat peut sembler surprenant. Après tout, si un joueur ne peut plus effectuer le moindre coup, pourquoi son adversaire ne remporte-t-il pas la partie ? Pour comprendre cette règle, il faut revenir au principe fondamental des échecs : la victoire ne s’obtient que par un échec et mat.

La règle du pat ajoute une véritable dimension stratégique aux échecs. Un joueur en difficulté peut parfois sauver une partie perdue en provoquant volontairement un pat, tandis que son adversaire doit rester vigilant pour éviter de transformer une position gagnante en match nul. C’est l’une des raisons pour lesquelles les finales demandent autant de précision.

Il est intéressant de noter que cette règle n’a pas toujours été la même au cours de l’histoire. Pendant plusieurs siècles, le pat a été interprété différemment selon les pays : dans certaines régions d’Europe, il était considéré comme une victoire pour le joueur qui provoquait le pat, tandis qu’ailleurs il donnait lieu à un match nul ou à d’autres variantes de score. Avec l’uniformisation des règles des échecs, la FIDE (Fédération Internationale des Échecs) a retenu la règle actuelle : un pat met immédiatement fin à la partie et le résultat est un match nul.

Aujourd’hui, cette règle est appliquée dans toutes les compétitions officielles, qu’il s’agisse de parties classiques, rapides ou de blitz. Elle fait partie des lois fondamentales des échecs et contribue à l’équilibre du jeu en offrant une dernière possibilité de défense au joueur en difficulté.

Le pat comme moyen de sauver une partie difficile

En pratique, le pat est une arme de défense redoutable.

Voici un exemple, vous avez les blancs et vous avez le trait. Vous devez tenter de sauver votre partie.

Les blancs sont dans une situation très difficile. Les pions noirs vont certainement finir par se transformer en Dame. Mais les blancs ont une ressource cachée !

1. Tf2+ !!

Un coup exceptionnel !

Si les noirs reculent leur Roi, ils perdent leur Tour et certainement la partie avec. Ils sont donc obligés de jouer 1… exTf2 pat ! Match nul.

Utiliser le pat pour faire match nul

Voici un petit exercice. Vous avez les blancs, vous devez trouver un moyen de sauver cette partie et de faire match nul.

Soyez astucieux !

Les blancs jouent et font nulle :

Fin d’une étude de Pasman.

Et voici la solution en vidéo avec le maître Pierre Petitcunot.

Le pat aux échecs – La Tour folle

Voici maintenant un exemple de Tour folle.

Vous avez toujours les blancs et le trait est toujours à vous. Et si vous avez compris le principe, vous avez de nouveau une position compromise que vous devez sauver.

Trait aux blancs, comment sauver cette position ?

La solution : 1. Tg5+ !! et si les noirs prennent la Tour, c’est pat !

Donc les noirs continuent par exemple par 1… Rh4 mais 2. Tg4 !! et la Tour poursuit ainsi le Roi noir le long de la colonne g.

Cela s’appelle un échec perpétuel. C’est également match nul !

Le pat aux échecs – l’auto-pat

On peut même parfois se construire soi-même une situation de pat pour défendre une position d’échecs difficile.

Même consigne : vous avez les blancs, comment allez-vous empêcher votre adversaire de gagner ? C’est une étude de Campbell, créée en 1855.

Attention, c’est très astucieux !

Voici les 3 prochains coups blancs : 1. Fd2, 2. Fa5 et 3. b4 et les blancs seront pat ! Le plus incroyable dans cette histoire est que les noirs ne peuvent pas empêcher ce plan. Ils vont donc promouvoir un de leur pion en Dame, mais cela ne changera rien !

Les règles du jeu d’échecs

Retrouvez ci-dessous notre coach Rémi qui vous explique en détail toutes les règles du jeu d’échecs.

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Vous pouvez approfondir vos connaissances des règles avancées du jeu d’échecs avec toutes leurs implications sur la stratégie du jeu en cliquant sur les liens ci-dessous.

Comment éviter de faire pat aux échecs ? Méthodes pour faire échec et mat

Bien sûr, la règle du pat aux échecs est intimement liée à l’échec et mat.

Retrouvez ci-dessous une conférence du grand maître Anthony Wirig qui fait partie du TOP 20 français et membre de notre équipe où vous trouverez des méthodes pour faire échec et mat et donc pour éviter de faire pat.

Pour continuer votre lecture, retrouvez tous nos articles pour bien débuter aux échecs.

FAQ : tout savoir sur le pat aux échecs

Voici les questions que l’on nous pose régulièrement autour du pat.

Quelle différence entre le pat et l’échec et mat ?

La principale différence tient au fait que lorsqu’il y a mat, le Roi est attaqué. On dit qu’il est mis en échec. Tandis que pour le pat, le Roi n’est pas en échec.

À quoi sert le pat ?

C’est principalement une technique de défense qui permet de sauver des positions désespérées. Le pat pour survenir après une grossière erreur du joueur ayant l’avantage ou après une brillante défense.

Quelles sont les autres règles du jeu d’échecs qui mènent au match nul ?

La règle de la triple répétition et la règle des 50 coups mènent également au match nul. Nous avons regroupé toutes les façons de faire match nul dans notre article : le match nul aux échecs.

Le pat est-il une victoire ?

Non, le pat n’est jamais une victoire. Lorsqu’un joueur est pat, la partie se termine immédiatement par un match nul. Même si l’un des joueurs possède un avantage matériel important, il ne remporte pas la partie si son adversaire est dans une position de pat. C’est pourquoi les joueurs doivent rester vigilants lorsqu’ils cherchent à faire échec et mat : un simple coup imprécis peut transformer une position gagnante en partie nulle.

Qui gagne en cas de pat ?

Personne ne gagne. Le pat est l’une des situations qui conduisent à un match nul aux échecs. Les deux joueurs obtiennent donc un demi-point en compétition. Le joueur en difficulté peut parfois sauver une partie perdue en provoquant volontairement un pat, tandis que son adversaire perd l’occasion de convertir son avantage en victoire.

Le roi peut-il être en échec lors d’un pat ?

Non. C’est justement ce qui distingue le pat de l’échec et mat. Pour qu’il y ait pat, le roi ne doit pas être en échec. En revanche, le joueur concerné ne doit disposer d’aucun coup légal avec son roi ou avec une autre pièce. Si le roi est attaqué et qu’il n’existe aucun moyen de se défendre, il s’agit d’un échec et mat, et non d’un pat.

Le pat existe-t-il aux échecs rapides ?

Oui. Le pat s’applique dans toutes les cadences de jeu reconnues par les règles officielles du jeu d’échecs : parties classiques, rapides et blitz. Dès qu’un joueur n’a plus aucun coup légal à jouer alors que son roi n’est pas en échec, la partie est immédiatement déclarée nulle, quel que soit le temps restant à la pendule.

Peut-on volontairement faire pat ?

Oui. Lorsqu’un joueur est en mauvaise posture, il peut parfois chercher à provoquer un pat afin d’obtenir un match nul au lieu de perdre la partie. Cette ressource défensive est fréquente dans certaines finales aux échecs notamment lorsque le joueur en difficulté sacrifie ses dernières pièces ou bloque tous ses propres coups légaux. Les joueurs expérimentés connaissent de nombreux pièges de pat et les utilisent lorsque la défaite semble inévitable.

Le pat est-il obligatoire ?

Oui. Dès qu’une position de pat apparaît sur l’échiquier, la partie est automatiquement terminée et le résultat est un match nul. Les joueurs ne peuvent pas choisir de continuer à jouer. Cette règle est prévue par les Lois du jeu de la FIDE et s’applique aussi bien en compétition qu’en partie amicale.

Et maintenant, à vous de choisir

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Voilà pour notre article sur le pat aux échecs. Nous espérons que cet article vous a plu. Si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux !