Améliorer sa mémoire grâce au jeu d’échecs

Si on peut comprendre aisément pourquoi le jeu d’échecs a un effet positif sur la concentration et la capacité de résoudre des problèmes, il est plus difficile d’expliquer pourquoi le jeu d’échecs permet d’améliorer sa mémoire de 22%. Cette partie du texte a pour but d’expliquer comment marche la mémoire et de donner une tentative d’explication des effets du jeu d’échecs sur celle-ci. La partie descriptive de la mémoire de cet article est basée sur les travaux de Jacques Tardiff.

La mémoire permet de prendre des décisions

La mémoire a un rôle très très important, celui de recevoir les informations du monde extérieur, de les traiter, de les classer et de donner éventuellement une réponse. Ce rôle capital a parfois été négligé notamment par ceux qui font les programmes scolaires ce qui explique l’absence de travaux sur la mémoire il y a quelques années dans les écoles primaires.

La mémoire est reliée à tout le corps humain : les informations qu’elle reçoit peuvent être d’ordre olfactif, visuel, tactile, auditif… Et cette information arrive dans une première composante de la mémoire : la mémoire de travail appelée aussi mémoire à court terme puisque ces informations ne resteraient qu’une dizaine de secondes dans celles-ci. Enfin, les informations arrivent dans la deuxième composante de la mémoire : la mémoire à long terme.

Lorsqu’elle doit apporter une réponse, la mémoire de travail reçoit deux types d’informations. Les informations reçues par le corps et les informations données par la mémoire à long terme. En raisonnant à partir de toutes ces informations, une réponse est donnée. La mémoire de travail peut être considérée comme étant la partie consciente du cerveau.

La mémoire de travail est limitée

Voilà le point clé et la principale difficulté : la mémoire de travail est limitée. Si la mémoire à long terme a une capacité de stockage infinie, la mémoire de travail n’aurait seulement que cinq à neuf unités de stockage ! Bon, qu’est-ce qu’une unité de stockage ? Eh bien, cela peut être tout et n’importe quoi. Si on prend l’exemple de la lecture, cela peut être une lettre ou un mot ou une phrase ou même un paragraphe. Cela veut dire que plus on a fait de liens entre les objets, plus ces objets vont s’assembler pour ne tenir que dans une unité.

Voici un exemple très parlant de Jacques Tardiff, tiré de son livre « pour un enseignement stratégique ». On prend l’exemple d’un élève de CE2 Pierre à qui il a été demandé de rédiger un texte avec pour consignes de démontrer tout ce qu’on sait sur un sujet donné (dans le livre c’est les soucoupes volantes) et d’écrire sans fautes d’orthographe ni de grammaire. Tout de suite l’anxiété de Pierre monte car il ne sait pas s’il va réussir à écrire sans fautes, une unité est occupée par celle-ci. Pierre déteste ce genre de situation car il n’a jamais réussi auparavant. Une deuxième unité est occupée par ce déplaisir. Il occupe une troisième unité à chercher des informations pour réaliser son texte. Et une quatrième pour vérifier la justesse de son texte. Il est également très préoccupé par le temps qui passe et une cinquième unité est utilisée pour cela.

Bref, Pierre n’a déjà peut-être plus d’unité pour tenir compte de la syntaxe et de la grammaire. Sa mémoire de travail est surchargée, il ne peut écrire un texte intéressant et sans fautes en même temps.

Comment travailler sa mémoire de travail ?

Concrètement comment faire pour améliorer sa mémoire de travail ? En fait, plus on la fait fonctionner, plus on l’améliore. Beaucoup de livres existent pour cela. Ceux-ci proposent souvent de petits exercices sur les chiffres : retenir une suite de chiffres dans l’ordre, c’est utiliser sa mémoire à long terme. Mais redonner la même suite dans le désordre, c’est utiliser sa mémoire à long terme plus sa mémoire de travail ! La lecture est également très recommandée. En effet, pour faire aller vingt-quatre lettres aux sons différents ensemble, on doit utiliser sa mémoire de travail.

Améliorer sa mémoire avec les échecs

Et c’est là qu’intervient le jeu d’échecs ! Lui aussi fait travailler la mémoire de travail. En effet, il faut faire jouer ensemble 16 pièces et pions aux mouvements différents. De plus, lorsqu’on commence à apprendre à jouer aux échecs, on organise le jeu grâce à différents concepts. Là encore savoir quel concept utiliser dans quelle situation permet d’améliorer sa mémoire de travail. Et voilà une explication des résultats spectaculaires de Michel Noir !

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur la mémoire mais aussi sur bien d’autres thèmes de psychologie cognitive, vous pouvez consulter par exemple l’excellent livre de Jacques Tardif :

Voici enfin un article qui parle de la concentration.

Vous trouverez également une présentation de notre équipe et de nos formations ICI et un résumé des bienfaits du jeu d’échecs ICI.

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