Fabiano Caruana est un candidat très sérieux au titre mondial. Il pourrait devenir le premier champion du monde américain depuis la légende Bobby Fischer. C’est l’occasion pour nous de revenir d’une façon un peu décalée sur son extraordinaire parcours. Nous vous laissons en compagnie de Bobby qui vous raconte son parcours vers les sommets !

Je m’appelle Bobby Fischer, j’ai 4 ans…

Je m’appelle Bobby, j’ai appris à jouer aux échecs à 4 ans. C’est mon père qui m’a offert un échiquier pour mon anniversaire et depuis ce jour, on peut dire que je suis devenu “accro” à ce jeu, un vrai petit génie.

J’ai appris à déplacer les pièces et j’ai commencé à jouer un peu, puis beaucoup. Ce jeu m’a toujours passionné. Au départ on est à égalité avec son adversaire et c’est ma créativité, ma compréhension du jeu, de la stratégie et de la tactique qui me fait perdre ou gagner la partie.

Rapidement, je suis devenu bon, tellement bon qu’au club où je m’étais inscrit, je battais tout le monde, même les adultes. Il faut dire que j’ai une mémoire incroyable, je retiens tout ! Malheureusement pour moi, je n’étais pas né en Russie. Et à cette époque, c’est là-bas où tous les grands champions vivaient. Enfin je m’en suis bien sorti, je suis arrivé à tous les battre !

Oui tous, pas un seul ne m’a résisté, je m’appelle Bobby et je vais vous raconter mon histoire. Vous verrez pourquoi tout le monde me considère comme un génie !

Seul contre tous

Mon histoire, c’est un peu celle de David contre Goliath. Goliath, ce sont les autres, les russes, les soviétiques. Toute ma vie, ils ont tenté de me battre, de me ridiculiser, de montrer au monde leur puissance. Leur problème,  je vous l’ai déjà dit, c’est que je suis un génie. Leur problème, c’est moi, Bobby.

Je suis donc le David, le petit qui va terrasser les Goliath, mais à cette époque ils ne le savent pas encore. Je vais vous raconter la première fois où vraiment ils ont compris qui j’étais. Cela faisait seize années, que les soviétiques se partageaient les prix dans les grands tournois, un coup c’était l’un qui gagnait, puis le coup d’après son autre compatriote, enfin bon vous l’avez compris, ils gagnaient tout. Un tournoi, avec pas mal d’argent à gagner, était prévu, et le vainqueur était automatiquement qualifié pour accéder au tableau final pour combattre le champion du monde, vous devinez ce qui est arrivé ?

Tout commence bien pour Bobby Fischer

Du haut de mes 19 ans, j’arrive donc dans ce grand tournoi qualificatif et je les explose tous ! Tous les soviétiques ! Un par un ! Je finis 1er loin devant tous avec plus de 2,5 points d’avance. Ça y est, ils ont compris, ils auront désormais peur de moi… Toute leur carrière, toute leur vie … Pour moi l’argent n’est pas le principal moteur, je voulais juste montrer au monde que j’étais le numéro 1. J’allais avoir l’occasion de jouer pour le titre de champion du monde, mais je n’avais pas imaginé la réaction des russes et je n’allais pas être déçu !
Me voilà donc qualifié, mais mon problème, c’est d’être seul contre tous. Car clairement, je suis vu comme le grain de sel qui fait dérayer la belle machine Russe. Et là-bas, on ne rigole pas avec la suprématie intellectuelle que représente le jeu d’échecs. Les politiques s’en mêlent et mettent une pression d’enfer sur les joueurs russes pour me battre. Pression d’enfer, Russie… je n’aurais vraiment pas aimé être à leur place… Mais j’ai clairement sous-estimé leur capacité de réagir, et ils vont me le faire payer d’une façon terrible. Et celle-là je ne l’avais pas anticipé du tout. J’en ai pleuré, ils ont voulu tuer mon rêve et ils ont failli réussir…

Les russes s’organisent

Les russes s’arrangent donc pour trouver une tactique pour me mettre hors de course pour le titre mondial. Et comme je suis seul contre tous, le meilleur moyen est de se liguer tous contre un : ils s’acharnent chaque jour contre moi, pendant que les autres font des “non-matchs” pour se reposer, ou pire arrange le résultat pour que le mieux placé gagne facilement.
C’est un peu comme si dans un championnat de foot, toutes les équipes n’avaient que pour objectif que le premier ne soit pas Bobby… Facile de laisser gagner les autres et de ne laisser aucun répit au petit Bobby… En tout cas, cela a marché, je n’ai pas pu lutté, j’étais cuit et je n’ai pas pu défier le champion du monde.
L’injustice n’est peut être pas une émotion, mais elle a bien généré de la colère et du dégout pour ces joueurs russes. De retour chez moi, je suis tellement dégouté que je me demande si je ne vais pas arrêter de jouer aux échecs… mais je sais faire que ça … Vais-je me relever ? Vais-je sombrer ? Vous vous posez la question ? Tout le monde se l’est posée … Je vous donne un indice : Je vais rentrer dans l’histoire !

Bobby Fischer gagne tout !

Pour faire plaisir à des amis, je participe au championnat des États-Unis. Après tout, il n’y a pas de russes. Très motivé pour montrer à tout le monde que je suis le meilleur, j’y signe une des performances qui me caractérise en gagnant le tournoi avec onze points sur onze possibles ! Oui vous avez bien lu, 100% de victoires. D’ailleurs depuis, les organisateurs offrent une Ferrari au premier qui réussira à être champion des États-Unis en gagnant toutes ses parties ! Ça me fait bien rire ! C’est pas près d’arriver…

Vous croyez que c’est un exploit ? Attendez la suite !

J’ai toujours été seul contre tous. J’ai dû me faire une place dans le monde des échecs à la force du poignet. Je suis certainement trop fort, je dérange …  Tout le monde se ligue contre moi mais un jour … Mais la fédération internationale change le système pour challenger le champion du monde. Et ce n’est plus un tournoi toutes rondes comme un championnat de foot, mais un tableau final à élimination directe, comme la ligue des champions avec les huitièmes, les quarts, les demis et la finale !! Un contre un, et un seul gagne ! Impossible pour les russes de se liguer contre moi ! Je saute sur l’occasion et je m’inscris. Fini la manipulation, la triche, c’est un cerveau contre un autre et je peux m’exprimer pleinement. Je vous réserve une surprise pour la suite, je leur ai montré qui était Bobby, et d’une manière peu orthodoxe !

Me voici enfin sur le chemin qui mène vers le titre de champion du monde. Quatre matchs à jouer contre les meilleurs grands-maîtres du monde mais en un contre un. Et ça change tout ! Je peux m’exprimer complètement.

Mes plus grands exploits

6 – 0, c’est un score de tennis ? Non pas seulement, c’est le score de mon premier match ! Du jamais vu ! Ni avant moi, ni après …. Quel est le score du deuxième match selon vous ? Oui, 6 – 0 ! J’écrase mes deux premiers adversaires. Ce n’est pas qu’ils ont mal joué mais j’étais sur un nuage. Mes parties de ces matchs sont devenues des classiques enseignés dans toutes les écoles d’échecs. J’ai réussi à produire mon meilleur jeu au meilleur moment contre les plus forts joueurs du monde. J’en suis très fier !

En demi-finale, je rencontre un ancien champion du monde. Que croyez-vous qu’il se passe ? 6 – 0 ? Non, j’étais un peu fatigué, je ne gagne que quatre parties de suite ! Je signe tout de même seize gains de suite contre des grands-maîtres de premier plan. Encore une performance inégalée ! Sachez tout de même que ces trois premiers adversaires sont des stars dans leurs pays encore de nos jours !

Je suis prêt pour la finale : le match du siècle selon les médias ! Et ils ont bien raison ! Un américain contre un russe en pleine guerre froide, une tension extrême, des retournements de situations…

La lutte finale !

Je perds la première partie et là je me méfie. Les russes sont prêts à tout pour gagner… Je refuse de jouer la deuxième partie et je menace de quitter le championnat si on ne fait pas tout pour empêcher les russes de tricher. Heureusement mon adversaire Boris Spassky est honnête lui et accepte mes demandes. Le match commence donc vraiment avec deux points de retard pour moi. Devinez quoi ? Je finis avec 4 points d’avance ! Me voilà sur le toit du monde !

Et voilà pour l’incroyable parcours de Bobby Fischer ! Pour continuer votre lecture, voici notre page spéciale sur le championnat du monde 2018 ICI.

Vous êtes passionné par Bobby Fischer ? Voici donc les meilleurs livres qui parle de lui :

                                                     

N’oubliez pas qu’en apprenant à jouer aux échecs, vous allez améliorer votre concentration, votre logique et votre mémoire. Apprendre comment analyser une position pour trouver les coups qui mènent à l’échec et mat, c’est simple et amusant. Et vous vous ouvrez les portes de la créativité !